Ma tenue à moi, couche par couche
Je roule toute l'année, et voici comment j'adapte mon équipement. Attention, c'est ma perception du froid, la tienne sera peut-être différente : certains ont froid plus tôt, d'autres plus tard.
- À partir de 15°C affichés: je glisse une veste polaire sous mon blouson.
- Sous 10°C : j'ajoute des sous-vêtements thermiques Uniqlo, en version Extra Warm.
- Sous 5°C : je superpose deux paires de gants.
- Sous 0°C : je ne roule pas.
Ce que j'apprécie dans ces sous-vêtements : ils sont fins, légers et abordables. Leur limite : ils gardent la chaleur du corps, mais ils ne coupent pas le vent. À 90 km/h, c'est la couche extérieure qui fait le travail. Une bonne sous-couche sous un blouson qui laisse passer l'air ne suffit pas.
Un mot sur les doubles gants. Je les superpose sous 5°C, mais je prends toujours la paire extérieure d'une taille adaptée. Des gants trop serrés une fois empilés réduisent la circulation du sang, et tu perds en chaleur ce que tu gagnes en isolation. Ils gênent aussi la sensibilité sur les leviers, ce qui n'est pas anodin à 90 km/h. Essaie-les ensemble avant de partir.
Sous 0°C, je reste au garage. Ce n'est pas mon équipement qui me limite, c'est l'adhérence. Avec de bonnes couches, je peux tenir au chaud, mais aucun vêtement ne réchauffe un pneu ni ne dégivre un virage à l'ombre. Sous zéro, le risque de verglas passe avant le confort.
Gants chauffants : ce qu'il faut vérifier avant d'acheter
Les mains sont la première zone qui lâche quand le ressenti chute, et les gants chauffants répondent à ce problème. Mais tous ne se valent pas : voici les points à contrôler.
- L'homologation. Le marquage CE seul ne suffit pas. Cherche sur l'étiquette la mention EN 13594:2015, le pictogramme du motard et le niveau de protection (1, 1 KP ou 2 KP). Des gants certifiés sont obligatoires en France depuis 2016, chauffants ou non.
- Le mode d'alimentation. Les modèles filaires se branchent sur la moto : pas de limite d'autonomie, mais des câbles à débrancher quand tu descends, et une batterie de moto à vérifier si tu alimentes d'autres accessoires. Les modèles à batterie sont plus libres, avec une autonomie annoncée de 2 à 8 heures selon le modèle et le niveau de chauffe. Certains sont hybrides.
- La membrane coupe-vent et étanche. C'est un critère éliminatoire. Sans elle, l'air emporte la chaleur produite à 90 km/h et tes mains restent humides sous la pluie. Vérifie-la sur la fiche produit.
- Les zones de chauffe. Elles doivent couvrir le dos de la main et aller jusqu'au bout des doigts, côté vent.
- La taille. Un gant trop serré réduit la circulation du sang et annule l'effet du chauffage. Prévois un léger espace au bout des doigts et essaie-les sur ta moto, mains sur les leviers.
À l'usage. Mieux vaut une chauffe modérée et constante que des pics au maximum, qui vident la batterie. Associés à des poignées chauffantes, les gants peuvent tourner à une intensité plus basse, ce qui améliore l'autonomie et réchauffe aussi la paume.
Et les sous-gants ? Ils ne sont pas indispensables avec des gants chauffants. Si tu en portes, prends-les très fins, vérifie qu'ils ne compriment pas la main et que tu gardes le feeling sur les leviers, et consulte la notice du fabricant.
Entretien. Contrôle régulièrement l'état de l'alimentation et des fils, et évite de plier ou de compresser les gants dans un rangement trop étroit.
Des alternatives. Les poignées chauffantes installées sur la moto sont une option sérieuse pour les trajets réguliers. Les manchons ou protège-mains conviennent plutôt en ville ou en scooter, et sont moins adaptés aux longs trajets.
D'où vient la formule du refroidissement éolien ?
La formule utilisée dans le calculateur est l'indice de refroidissement éolien, standardisé au Canada et aux États-Unis et employé notamment par Environnement Canada. Elle combine la température de l'air (en °C) et la vitesse du vent (en km/h) pour donner un nombre proche d'une température, qui exprime la sensation de froid sur la peau par rapport à une journée sans vent.
Deux limites à garder en tête. L'indice repose sur la perte de chaleur du visage, la zone du corps la plus exposée, et il n'est pas défini pour des vents inférieurs à 5 km/h. Il a été pensé pour un visage nu face au vent, pas pour un motard protégé par un casque, un pare-brise et plusieurs couches : considère donc le résultat comme un indicateur, pas comme une mesure exacte.
Pour aller plus loin : explication et formule et documentation technique officielle d'Environnement Canada.
Commentaires
Connecte-toi pour laisser un commentaire.
Se connecterAucun commentaire pour le moment
Sois le premier à lancer la discussion.